La Pousse de Riz,blog philo

Les posts du Blog Philo

  • La Pousse de Riz

L’action juste et les moyens d’existence juste

D'après une conférence de Dominique Trotignon

L’octuple Sentier des Nobles : Sila


Dernière partie de Sila, la discipline éthique, ces deux points concernent notre attitude vis à vis des autres dans le monde.


L’Action Juste

C’est s’abstenir d’actes non-bénéfiques dont le corps est le mode naturel d’expression. Ces 5 préceptes fondamentaux fondent la relation aux autres.


  • S’abstenir de prendre la vie (le souffle vital, empiéter sur l’espace de l’autre) = Ne pas tuer mais aussi ne pas abuser, maltraiter ….

  • S’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné = Ne pas voler

  • Parole juste

  • Ne pas pratiquer l’adultère

  • Ne pas consommer d’intoxiquant (rajout tardif)


Les Moyens d’existence Justes

Ils visent à garantir que l'on gagne sa vie d’une manière juste. Pour un disciple laïc, le Bouddha enseigne que la richesse doit être acquise selon certaines normes. Il ne faut l'acquérir que par des moyens légaux ; il faut l’acquérir pacifiquement, sans contrainte ni violence ; il faut l’acquérir honnêtement, pas par la ruse ou la tromperie ; et il faut l'acquérir de manière à ne pas causer de mal et de souffrance à d’autres. Le Bouddha mentionne cinq façons de gagner sa vie qui font du mal aux autres et sont donc à éviter : le commerce des armes, le commerce d’êtres vivants (cela inclut l’esclavage et la prostitution mais aussi l’élevage d’animaux destinés à l’abattage), la production de viande de boucherie, de poisons et de substances intoxicantes (alcool, drogues…). Il nomme aussi d’autres moyens malhonnêtes de gagner de l’argent qui relèvent d’un mode de vie impropre : pratiquer la tromperie, la trahison, la divination, la ruse et l'usure.


Évidemment, toute occupation qui nécessite la violation de la parole juste et de l'action juste est un mauvais moyen de subsistance, mais d'autres professions, comme la vente d'armes ou de substances intoxicantes, peuvent ne pas violer ces facteurs tout en étant impropres en raison de leurs conséquences pour les autres. L’attitude juste dans l’action signifie aussi qu’un travailleur doit accomplir sa tâche avec application et consciencieusement. L’attitude juste envers les personnes signifie que respect et considération doivent être montrés à toute personne, quelle que soit sa condition sociale. L’attitude juste envers les objets signifie que, dans les transactions d’affaires et de commerce, les choses doivent être présentées honnêtement, sans publicité trompeuse, tricherie sur la qualité ou la quantité, ou manœuvres malhonnêtes.


1er niveau de lecture pour tout un chacun On peut les voir comme des préceptes de bonne conduite pour vivre de façon heureuse. On peut les présenter comme des vertus mineures représentant une éthique universelle. C’est le minimum syndical car on reste dans l’égalité des égos, la prise en compte de l’égo de l’autre (ne fait pas à l’autre ce que tu ne veux pas qu’on te fasse), un égoïsme bien partagé. C’est aussi ce qu’on attend au minimum de quelqu’un qui est engagé dans la voie spirituelle.


2ème niveau de lecture pour s’engager sur l’Octuple Sentier des Nobles

C’est ce que doit faire un être Noble : s’efforcer de ne pas prendre plaisir, de ne pas se laisser aller à certaines tendances habituelles qui fondent mon plaisir et qui conditionnent ma relation à l’autre.

On prend plaisir à se donner la priorité sur tout autre être vivant. Observons avec quelle facilité et quel naturel on s’impose aux autres, on réduit les autres à notre propre profit. Chacun à sa propre définition individuelle de ce qui lui fait du bien et de ce qu’est le bien.

ex : on fait la guerre (violence faite aux autres) pour défendre une idée (en fonction de la définition que l’on se donne du bien)

Notre plaisir, notre définition du beau, du bien, va avoir des conséquences dans la relation aux autres. Une personne n’est pas belle en soi, un gâteau n’est pas bon en soi, c’est mon désir qui la rend belle ou le rend bon. On ne voit beau (ou bon) que ce que l’on désire.


Prenons conscience du côté individuel et très personnel de ce que nous pensons et des actes qui en découlent. Ne nous laissons pas aller aux idées habituelles sans les interroger : Quelle est mon intention et quelles sont les conséquences pour moi, pour l’autre, pour la relation entre moi et les autres ? Est-ce que cela va dans le sens de l’attachement ou de la libération à l’idée de moi ?


Credit Photo Rod Long