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Les 5 agrégats - Introduction

Qu'appelle-t-on les agrégats ? (skt : skanda)


Ce sont cinq ensembles (tas de choses) dans lesquels sont englobés tous les phénomènes physiques et mentaux de l’existence conditionnée. Au niveau général, les 5 agrégats sont les constituants de tous les phénomènes composés existant dans l’univers. Au niveau de l’individu, les 5 agrégats sont la base sur laquelle nous fondons l’idée d’un moi.

A ce propos, le Bouddha ne cherche pas à faire une carte exhaustive de la psyché humaine mais veut être efficace en mettant le doigt sur un problème qui provoque la souffrance et empêche de voir la réalité. Il met systématiquement en cause le problème qui apparaît quand on dit :

Ceci est "moi" => processus d'identification

Ceci est "à moi" => processus d'appropriation ou d'avidité

Ceci est "mon être" => processus de conceptualisation

Il en propose une lecture au travers des 5 agrégats. Les 5 agrégats ne sont pas la totalité du fonctionnement de l’esprit mais ce qui permet au moi de survivre. Ils représentent la façon dont "je" me vois ou idée que "je" me fais de moi-même. Quand on se trouve devant un individu, il a une forme, le constituant physique (skt : rupa) et on lui donne un nom (skt : nama) (formé de quatre constituants mentaux). Ces 5 agrégats sont interdépendants dans un fonctionnement global de la psyché humaine.


Le moi


Fondamentalement le moi est ce qui éprouve du plaisir ou de la souffrance : tout le reste est subordonné à cela. Il veut que le plaisir dure et que la souffrance cesse, il a un projet, une projection de lui pour que dans la situation future il soit identique.


Mais la maladie et la mort viennent contrecarrer ce plaisir, cette idée de moi qui n'existe pas dans la réalité. Chaque instant, il y a création en fonction des circonstances d’une idée du moi en espérant qu’elle va durer. Ce processus de reproduction du moi est lié à la volition (4ème agrégat). On ne retient que ce qui permet de croire à réalité du moi et on rejette le reste.


C'est une illusion de croire qu’il y a quelqu'un derrière. Nous nous faisons renaître à chaque moment au travers de nos attachements et de nos projections de l’avenir. La renaissance est un processus qui n'est pas subi mais reproduit. Ce qui renaît n’est pas nous mais image de nous, une fabrication mentale car il n'y a pas de moi au présent mais les 5 agrégats. Dans l’illusion on ne s’en rend pas compte sauf quand un Bouddha le dit.


En synthèse : si on veut éprouver du plaisir, on doit avoir moi, si le moi n'existe pas, on doit le fabriquer et en le fabriquant on se confronte à la réalité donc on éprouve de la souffrance


Qui fabrique ?


Réponse : « ça se fabrique » ou « il y a fabrication » La question « Qui suis-je ? » ne peut pas trouver de réponse. Le Bouddha dépersonnalise, atomise l’individu au travers des 5 agrégats qui sont multiples (70 dans le détail) :

  • Il n’y a que des processus et un système de projection qui fait le moi

  • Il n’y a que des actes qui n’existent qu’en temps qu’ils produisent

Cette explication n’existe que pour se détacher de la notion de moi, pas pour s’attacher à une théorie. Notre réalité existe bel et bien. En fait, il existe deux réalités : la réelle elle que nous la vivons et l'absolue telle que la voient les Bouddha. Quand on a mal, la souffrance physique est une réalité. La douleur psychique est une projection conventionnelle, fabriquée, illusoire. Tant qu’on n’est pas Bouddha, la réalité conventionnelle est notre réalité. Pour les Bouddha, le moi n'existe pas et notre réalité s’appelle pour eux le samsara.


Credit photo : Giulia Bertelli




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