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Les 5 empêchements - L'aversion

D'après "A propos des 5 empêchements" par Ajahn Akincano


2ème empêchement

L'aversion, la haine, la malveillance

L’homme cherche à voir son image dans le miroir et trouve de l'eau en ébullition. Il ne peut reconnaître son propre visage (son bien, le bien des autres)


C'est plus ou moins le contraire du premier (le désir). La forme la plus subtile est une sorte d'aversion, la forme un peu moins subtile c'est "non !". On se braque contre quelque chose, c'est le reniement ou aussi l'agressivité. C'est toute la gamme entre méchanceté, colère, malveillance… jusqu'à la haine.

Quel est le problème ? Si on fait l'expérience sur son tapis de méditation d'être en colère, on constate la difficulté d'unifier son esprit. Il y a une sorte d'énergie centrifuge qui réduit le monde à l’objet de cette colère. Deux exemples :

  • Une expérience immédiate : vous entendez un son de tondeuse alors que vous méditez un dimanche après-midi. Cela vous dérange. Et puis vous pensez au voisin qui a mis du pesticide dans ses allées et là fini la méditation !

  • Des souvenirs : se mettre en colère sur un événement passé il y a quelque temps. Un souvenir déclenche une forte aversion, une colère

Que se passe-t-il ?

En méditant, le seuil de notre résistance baisse. Des choses que nous avons refoulées pendant longtemps reviennent à notre attention. Elles remontent des profondeurs où nous les avions enfouies, elles font du bruit, parfois ça pue et c'est effrayant. Nous ne pouvons pas faire semblant de ne pas les voir car elles sont là, nous les avons vues, mais, en même temps, nous ne pouvons pas vraiment les admettre car elles sont vraiment moches. Alors nous essayons de fermer la porte à nouveau, mais cela ne va pas car nous savons maintenant qu'elles sont là et fermer la porte à quelque chose que nous ne croyons pas être là est beaucoup plus facile que de la fermer sur quelque chose que nous savons être là.

Nous cherchons les coupables à l'extérieur : "S'il n'était pas là, je n'aurais pas de problème avec ça, c'est lui qui les provoque… s'il se comportait d'une manière différente, je me sentirais beaucoup mieux ". Mais lui – ou elle – n'est pas là et pourtant ces émotions remontent quand même et c'est difficile de le – ou la – rendre responsable.

Les autres sont des catalyseurs d’émotions qui sont en nous. Cela ne veut pas dire que dans notre vie il n'y a pas de mauvaises personnes qui se comporteraient mal, de manière inacceptable.

Que faire ?

  • Négocier avec soi-même : "Tu es le bienvenu, je t'écoute … ". Accepter que l’émotion ait le droit d’être là en la reconnaissant. Bienvenue ma peur ou ma colère … Un grand oui intérieur à ce que nous sommes et au point où nous en sommes.

  • Pratiquer la bienveillance sur la personne, sur la situation afin de changer la résonance que nous projetons l'événement.

Le bonheur et le malheur ne dépendent pas de la situation objective. Sinon il suffirait de changer la situation. Mais notre propre résonance vis-à-vis de ce qui se passe dans notre vie est de notre entière responsabilité. Nous sommes responsables du degré de complicité que nous avons avec notre souffrance et notre bonheur. Nous passons à côté du bonheur et nous ne le reconnaissons qu'après, tellement nous sommes préoccupés avec ce qui se passe.


Credit Photo Aaron Blanco Tejedor